Dans sa leçon inaugurale au Collège de France, il a présenté ce qui faisait l’originalité de sa démarche : considérer l’histoire de la démocratie comme celle d’une expérience problématique. La démocratie, a-t-il souligné, constitue en effet le politique en un champ largement ouvert du fait même des tensions et des incertitudes qui la sous-tendent. "Parce qu’elle est fondatrice d’une expérience de liberté, l’histoire de la démocratie, a-t-il noté, n’est pas seulement celle d’une expérience contrariée ou d’une utopie trahie : en elle se sont enchevêtrées l’histoire d’un désenchantement et l’histoire d’une indétermination". Cette conception du politique a conduit Pierre Rosanvallon à faire d’une approche historique la condition de sa pleine saisie. Son ambition a ainsi été de penser la démocratie en reprenant le fil de son histoire. Tout en précisant qu’il ne s’agissait pas seulement de dire que la démocratie avait une histoire, mais qu’elle était plus radicalement une histoire. Une histoire conçue comme le laboratoire en activité de notre présent et pas seulement l’éclairage de son arrière-fond. Il a exposé les principes de cette approche dans Pour une histoire conceptuelle du politique (2003). Cette manière d’appréhender l’histoire pour en faire la matière d’une théorie politique permet de comprendre comment Pierre Rosanvallon lie son travail universitaire à une préoccupation constante pour les urgences du présent. Outre l’écriture de ses ouvrages, il n’a d’ailleurs cessé de multiplier ses engagements dans la cité en tentant d’éclairer l’actualité par les apports des sciences sociales. De 1982 à 1999, il a ainsi animé la Fondation Saint-Simon, un think thank réformateur qui a marqué l’époque par ses publications. En 2002, il a lancé La République des Idées, qui publie une collection éponyme aux éditions du Seuil et organise régulièrement de grands forums citoyens. Il a aussi lancé et rattaché directement à sa chaire le site laviedesidees.fr, une revue d’analyse et information sur le débat d’idées et la production intellectuelle, en France et à l’étranger. Les enseignements sont diffusés avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller

Dans sa leçon inaugurale au Collège de France, il a présenté ce qui faisait l’originalité de sa démarche : considérer l’histoire de la démocratie comme celle d’une expérience problématique. La démocratie, a-t-il souligné, constitue en effet le politique en un champ largement ouvert du fait même des tensions et des incertitudes qui la sous-tendent. ... Show more

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